Le village de Muna a été construit vers 1740 pour permettre l’exploitation forestière. Le bois était acheminé par le fleuve Liamone afin d’être expédié pour la réalisation de traverses de chemin de fer, mâts de bateaux et autres.

Perché à flanc de montagne, le village s’étage au gré des constructions en pierre.
La vie au village était intense, pour s’y rendre ses habitants empruntaient un chemin muletier de plus de 10 km. Muna vivait de ses propres ressources avec ses jardins, oliviers, châtaigniers, arbres fruitiers… Le  pain se faisait dans des fours dont on peut encore en voir des vestiges. Il  existait également un moulin.
Dans les années 1900, les enfants de Muna ont grandi et sont partis à la guerre. Malheureusement, comme beaucoup d’autres, nombreux sont ceux à être tombés au champ d’honneur durant la guerre 14/18 mais aussi au cours de la seconde guerre et autres théâtres de conflits. Cette descente vers l’oubli, l’abandon  était inexorable. Les  maisons se sont fermées les unes après les autres, laissant la place au passé. Vers la fin des années 50, début 60, les pierres de Muna ont  cessé de vivre, de chanter de rire… Jusqu’à cette volonté d’un des descendants des Nivaggioli de s’installer là dans la maison de ses ancêtres et d’une poignée d’irréductibles bien décidés à se regrouper  au sein d’une association «  A Munesa »,  pour redonner vie à ce village abandonné à la particularité d’être construit en escaliers tout en pierre.
Vers la fin des années 1970, le sentier muletier était remplacé par une route goudronnée. C’était le début de cette seconde vie tant espérée.

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